Retard de livraison : que faire quand le colis n’arrive pas ?

Retard de livraison : que faire quand le colis n’arrive pas ?

Si la date de livraison promise est dépassée (ou, à défaut de date, au-delà de 30 jours après la commande), mettez le vendeur en demeure par écrit de livrer sous un délai supplémentaire raisonnable ; s’il ne livre toujours pas, vous pouvez annuler la commande, et il doit vous rembourser intégralement sous 14 jours.

C’est le mécanisme prévu par le code de la consommation (articles L216-1 et suivants) pour tout achat auprès d’un professionnel. Bonne nouvelle : il fonctionne, à condition de respecter l’ordre des étapes.

La procédure en 3 étapes

Étape Comment faire Base
1. Vérifier le délai applicable Date annoncée à la commande ; sinon 30 jours maximum par défaut L216-1 / L216-2
2. Mettre en demeure Écrit sur support durable (mail depuis votre compte, formulaire, lettre recommandée) exigeant la livraison sous un délai raisonnable — 7 à 15 jours est courant L216-6
3. Annuler et être remboursé Second écrit déclarant la commande résolue ; remboursement total (produit + frais de port) sous 14 jours L216-6

Cas particulier qui va plus vite : si la date de livraison était une condition essentielle pour vous (un déguisement pour une date précise, un cadeau de Noël) et que vous l’aviez signalé, vous pouvez annuler immédiatement dès la date manquée, sans délai supplémentaire.

Peut-on obtenir un dédommagement en plus ?

Il n’existe pas d’indemnité automatique de retard pour un colis de e-commerce : la loi garantit la livraison ou le remboursement, pas une compensation forfaitaire. En pratique, deux leviers fonctionnent : réclamer le remboursement du supplément payé pour une livraison express qui n’a pas tenu sa promesse (le service facturé n’a pas été rendu), et demander un geste commercial — les vendeurs soucieux de leurs avis en font souvent un. Un préjudice réel et démontrable (frais engagés à cause du retard) peut, lui, se réclamer par écrit, au besoin via le médiateur de la consommation du vendeur.

Le vendeur accuse le transporteur : et alors ?

Cela ne change rien pour vous. Le professionnel est responsable de plein droit de la bonne exécution de la commande, y compris de la partie confiée au transporteur : « c’est la faute de Colissimo » n’est pas un motif valable pour vous laisser attendre indéfiniment. Adressez toutes vos démarches au vendeur, gardez une trace écrite de chaque échange, et signalez les mauvaises pratiques sur SignalConso si le dialogue tourne en rond.

Le vendeur annonce « expédié sous 48 h », ça compte comme une date de livraison ?

Non : l’expédition n’est pas la livraison. Ce qui compte, c’est la date (ou fourchette) de livraison annoncée avant le paiement ; à défaut, le plafond légal de 30 jours s’applique.

Puis-je refuser le colis s’il arrive après mon annulation ?

Oui : si vous avez annulé dans les règles et que le colis arrive quand même, refusez-le à la remise, il repartira chez le vendeur.

Et si j’ai payé et que le vendeur ne répond plus du tout ?

Après mise en demeure restée sans réponse, demandez le remboursement, saisissez le médiateur dont dépend le vendeur, et en parallèle tentez le recours « chargeback » auprès de votre banque pour un paiement par carte.

Ces règles s’appliquent-elles aux achats entre particuliers ?

Non : elles visent les vendeurs professionnels. Entre particuliers, ce sont les conditions de la plateforme (protection acheteur) qui encadrent le litige.

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Samuel Chalmin
À propos de l’auteur :
Rédacteur en chef · Conso & Bons plans
Depuis une dizaine d'années, j'aide les lecteurs à consommer plus malin sur des sujets très variés du quotidien. Mon domaine, c'est le bon plan utile : comparer avant d'acheter, repérer les pièges marketing, faire durer ce qu'on possède et dénicher les ressources pratiques qui rendent service. J'aborde aussi bien les achats du quotidien que les petites astuces qui font économiser sans rogner sur la qualité. Avant de recommander un produit ou un service, je vérifie les prix, les avis croisés et la fiabilité dans le temps, parce qu'un bon plan qui déçoit n'en est pas un. Je distingue toujours l'offre réellement avantageuse de la fausse promo. Mon angle : un regard pragmatique et honnête au service du pouvoir d'achat, sans pousser à la surconsommation. Bien acheter, c'est souvent acheter moins mais mieux. Retrouvez Samuel Chalmin sur samuelchalmin.fr

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